A quand la femme burundaise dans les affaires ?

La place de la femme dans les affaires au Burundi, tel a été le sujet de discussions  lors du forum « Women leaders and liberty forum » Organisé par le Centre pour le Développement des Entreprises dans la région des Grands Lacs en partenariat avec l’Agence de Promotion des investissements. Ce forum s’est tenu dans les enceintes de city Hills Hôtel ce 15 Octobre 2020 sous le  thème « liberté, femme et prospérité ».

Selon le Directeur de l’Agence de Promotion des Investissements(API), Désiré MUSHARITSE, les femmes représentaient 50.8% de la population Burundaise (RGP 2008-2009). Toutefois, le deuxième sexe représente 18-19% de sociétés unipersonnelles créés en 2018 et 2019.

Le commerce transfrontalier est exercé à près de 80% par les femmes. Un bon nombre d’entre elles font du commerce de poules, des œufs, d’un peu de fruits, des glaçons, des vêtements. Malheureusement, la qualité de leurs investissements reste à désirer. Observe le directeur de l’API.  C’est pour nourrir la famille, subvenir aux besoins fondamentaux que la femme fait les affaires. S’appuyant sur la théorie du revenu objectif, le directeur de l’API conclut que la femme ne fait pas le petit commerce par vocation, mais par contrainte.

Même si la représentativité de la femme dans les affaires reste faible au Burundi, elle va en augmentant. Ajoute Musharitse. Elle est passée de 0% en 2015 à 8,18% en 2020.

Le cadre légal incitateur sur le climat des affaires au Burundi a été mis en place. L’avocat Collaborateur Principal et responsable des Opérations du cabinet RUBEYA & Co-Advocates Ange Dorine Irakoze a notamment cité l’abolition de l’exigence d’un capital minimum pour ouvrir une société. Cependant, note cet avocat, il n’existe pas jusqu’aujourd’hui, un cadre légal adéquat aux femmes.

Malgré cet effort du gouvernement, commente Dorine, l’insertion de la femme dans les affaires reste au niveau bas. Sur dix coopératives agro pastorales encadrées par la CAPAD, 140 femmes sur un total de 644 sont membres des coopératives, soit 21,7%.

Même scène pour l’octroi des crédits et l’épargne. Pendant la période de 2013 à 2014, dans FENACOBU et la CECM, les femmes qui ont accédé aux crédits représentaient seulement 30,4%. Quant à l’épargne, elles étaient respectivement 30,31% contre 69,69% pour les hommes à avoir pu épargner individuellement que 48,90% contre 51,10% à avoir épargné en association en 2015.

Avec cette faible représentativité des femmes dans les affaires, force est de se demander les raisons derrière cette démotivation. Parmi ces raisons, Caritas Niyongere, avocat et participant au forum, trouve que les femmes ont leurs difficultés à part qu’elles ne partagent pas avec les hommes. Elle a cité les tâches ménagères, les barrières culturelles et éducatives(umugore ategerezwa kuba umunyakigo, umupfasoni w’ibanga etc) entre autre.

Gaston SINDAYIGAYA, membre du CDE Great Lakes a ajouté à cela les barrières non tarifaires auxquelles les femmes font face pendant l’exercice de leurs activités. Il a notamment cité le harcèlement sexuel, les violences physiques chez les petites commerçantes par certains agents de la police et du SNR, plus de 5 barrières physiques à GATUMBA allant du pont de la RUSIZI  à la frontière érigées par les agents de la police et du service national de renseignement. Un phénomène qui s’observe également en province Makamba, etc.

Face à ces défis, Dr Siméon Barumwete, enseignant à l’université du Burundi et membre du CDE trouve qu’il faut une plaidoirie au Burundi à tel enseigne que les femmes soient au même pied d’égalité que les hommes afin qu’il y ait prospérité et liberté.

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