Burundi : Face aux influences de la mondialisation, faut-il céder ?

Le Burundi traditionnel avait des valeurs, coutumes et mœurs qui distinguaient les barundi des autres habitants des autres civilisations. Mais aujourd’hui, avec la mondialisation, tout tend à se tourner contre nous. Les cultures occidentalles nous envahissent jour et nuit. Mais, faut-il tout jeter et embrasser la nouvelle venue? La réponse est non, comme insiste l’ enseignant Bernard Ntirampeba.

Le Burundi traditionnel avait des coutumes,des mœurs, des valeurs,… etc. qui, aujourd’hui tendent à disparaître pour diverses raisons ! Pourtant, ce sont des valeurs d’une importance capitale dans la vie d’un pays et du monde entier.

Les interdits et leurs rôles sociaux

Dire à un petit enfant, du stade phallique piagétien , que ceci ou cela est bon ou mauvais, que ça peut lui causer d’ennuis, ou que c’est un interdit social, qu’il doit toujours éviter à faire; avait une influence majeure sur sa pensée en général mais aussi sur sa conduite sociale tout au long de sa vie, donc sur  le changement social. Ainsi par exemple, dire à l’enfant qu’il est interdit de tuer les petits animaux tels des lézards, un petit oiseau, un crapeau ,…conférait chez cet enfant un esprit de respect la nature et tout ce qui le contient ; sachant que l’environnement bien protégé, peut rendre possible la vie humaine.

On disait incessamment à cet enfant, – il est interdit de parler alors que l’autre est en train de parler-, – il est interdit à une fille de rentrer tardivement le soir après la rentrée des vaches dans l’enclos…., à un garçon de frapper son père ou sa mère pour l’une ou l’autre raison soit-elle-. Il est interdit…., ça avait un rôle constructif dans la bonne réussite de leur vie.

Les rites d’ukubandwa et d’ uguterekera

Le murundi d’autrefois croyait en la puissance de l’Etre Suprême, Dieu qui donne et ordonne tout: donne les vaches (inka) en kirundi et les champs (imirima).
voilà pourquoi, à travers Kiranga Kiri umwero, les barundi, pleins de  confiance,  demandaient- ils tout ce dont ils avaient besoin pour bien vivre leur vie de tout les jours. Est-ce le même cas aujourd’hui avec l’avenue du christianisme, du protestantisme, d’Islam, etc? Avons-nous réellement performé notre manière de vivre, ou bien nous avons rien sauvé du tout? Pourquoi tant de crimes ? Pourquoi cette haine ? Pourquoi tous ces imperfections alors que nous avons ces églises et ces mosquées ? Tout simplement, nous sommes jeté sur une piste de danse que nous ne maitrisons pas.

Les proverbes rundi , les ibitito, les utujajuro et ibisokozo  dans l’éducation indirecte des gens

Aujourd’hui, nul ne peut infirmer et confirmer que la littérature orale rundi ne contribuaient pas efficacement et indirectement à l’éducation de la société. Ubugiriri bugira babiri, disait-on, (l’Union fait la force) pour signifier qu’être uni, en collaboration mutuelle, conduit à une chose grandiose et délicieuse.
Ou encore, bukebuke ni rwo rugendo, (peu à peu, on peut) pour encourager ou coacher les gens en cas du désespoir, de l’échec, et tant d’autres proverbes pleins de conseils sociaux. En plus de ça, il y a des contes, des ibitito et plus encore qui transmettaient les bonnes valeurs à toutes les générations ; une formidable école de la sagesse.

Bref, l’héritage culturel est un pilier, une pierre angulaire, qu’ il fallait bien respecter plutôt que tout assimiler ou se laisser assimilé. Rejetons pas notre civilisation ancienne au profit de celle qui nous vient d’ailleurs. Plutôt, enrichissons- la par tous les moyens et modernisons-la. Le Burundi, par rapport à sa tradition, c’est un ange qui s’ignore.

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