Burundi: Pourquoi libérer le commerce transfrontalier ?

Crédit Photo: CNCD

Dans le cadre du Projet «FUNGUA NJIA, qui vise la promotion du commerce transfrontalier au Burundi, la compétitivité des entreprises burundaises ainsi que l’éducation au libre échange, le  Centre For Development and Enterprises Great Lakes  a  organisé  une présentation  à l’endroit des professionnels des médias ce  lundi le 15 Juin 2020 au KADESH, autour du thème : Analyse des contraintes du commerce transfrontalier au Burundi et dans la région des Grands Lacs

Le commerce transfrontalier et son rôle

Dans la présentation de son étude,  le Professeur Léonidas NDAYIZEYE, enseignant à l’université du Burundi  a souligné que le Commerce transfrontalier joue un rôle fondamental dans la réduction de la pauvreté et l’amélioration la sécurité alimentaire dans toute l’Afrique et dans la région des Grands Lacs.

« Même s’il est majoritairement informel dans le sens où ceux qui le pratiquent ne sont pas enregistrés et ne paient donc pas d’impôt, le caractère informel ne signifie pas que ce genre de commerce est inutile ou illégal », a indiqué Leonidas.

 Au Burundi, les estimations de l’ISTEEBU et de la BRB montrent qu’en 2018, les échanges transfrontaliers informels s’évaluaient à 92 815,9 millions de Francs burundais, les exportations représentant 27 577,3 MBIF et les importations 65 238,6 MBIF.

Le commerce qui fait intervenir les femmes

Selon toujours  cette étude, ce commerce transfrontalier a une très grande particularité car il fait intervenir surtout les femmes.

« Dans la région frontalière du Rwanda, du Burundi et de la République démocratique du Congo, le petit commerce alimentaire constitue une source vitale de revenus et est pratiqué à 80% par les femmes (CNCD, 2018) », précise   Léonidas.  Il sied d’ajouter que ce chiffre est très proche de celui publié par Trade Mark East Africa (TMEA), une organisation qui encourage le commerce transfrontalier dans la sous-région, qui signale que les femmes réalisent jusqu’à 74 % des échanges informels le long de la frontière du Rwanda avec ses voisins : le Burundi, la République démocratique du Congo, la Tanzanie et l’Ouganda et que la majorité de ces femmes ne vivent que de ces échanges.

Principaux défis

Parmi les principaux défis  dont fait face le commerce transfrontalier, le professeur Léonidas évoque notamment  la Pauvreté en infrastructures, Existence des conflits, Existence des barrières non-tarifaires

Reformes pertinentes

A la fin de sa présentation, le professeur Leonidas n’a pas oublié de proposer des reformes pertinentes  dont : Une réduction notable du nombre d’agences présentes aux frontières, Préciser clairement le genre de paiement et le lieu , Prendre des mesures allant dans le sens d’une amélioration des infrastructures aux postes-frontières, Une professionnalisation accrue des agents et une plus forte sensibilisation aux problématiques de genre, Une hausse du nombre de femmes au sein de l’administration, La coopération et la coordination transfrontalière doivent être renforcées , Renforcer la formation et le soutien aux commerçants, à travers les associations de commerçants 

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