Campagne MFASHAKUMENYA : Et si les impôts et les dépenses étaient au service des investissements ?

Le Centre pour le Développement des Entreprises dans la région des Grands Lacs (CDE) en partenariat avec l’Agence de Promotion des Investissements  a organisé une cinquième  et dernière table ronde de la campagne MFASHAKUMENYA. C’était ce mardi 15 Septembre 2020 à l’hôtel City Hills. Cette table ronde s’est beaucoup focalisée sur les dépenses, impôts et entreprises au service des investissements.

Citant Fraser Institute dans son rapport « Indice de liberté Economique de 2019 », Martin BANYIYEZAKO, facilitateur du Centre pour le Développement des Entreprises dans la Région des Grands Lacs montre que la taille du gouvernement se subdivise en 5 composants: la consommation publique, les transferts et subventions, le taux d’imposition et la part des investissements publics.

La cinquième table ronde tablait plus sur les dépenses (consommation du gouvernement), les impôts et entreprises au service des investissements.  

D’après ce facilitateur, la consommation du gouvernement est mesurée à base du pourcentage des dépenses de consommation des administrations publiques par rapport au pourcentage de la consommation totale. Les pays avec une plus grande proportion de dépenses publiques reçoivent en général des notes inférieures. En 2019, le Burundi a reçu une note de 7,47 alors que la moyenne mondiale est de 5,65 et celle de l’Afrique de 6,49. Ce qui signifie que le Burundi fait des efforts pour ajuster ses consommations du Gouvernement aux moyens disponibles.

Au sujet de l’impôt, Martin BANYIYEZAKO, mentionnant toujours l’institut Fraser, fait savoir que les pays dont le revenu marginal et les taux d’imposition sur les salaires sont plus élevés et qui prennent effet à des seuils de revenu inférieurs reçoivent des notes inférieures. Pour l’indicateur du taux d’imposition marginal, le Burundi est un bon élève. Il a reçu une note de 8 en liaison avec son taux d’imposition marginal le plus élevé qui est de 30%, la moyenne mondiale étant de 29,23. Toutefois, le taux d’imposition sur le revenu marginal reste au Burundi l’un des plus élevés du monde.  Le Burundi a reçu une note de 5 alors que la moyenne mondiale de 5,44.  

Quid de propriété d’Etat des actifs ?

Elle se base sur les notations de la base de données « Propriété d’État de l’économie», qui «évalue le degré auquel l’État possède et contrôle le capital y compris les terres (dans les secteurs agricoles), le secteur industriel et le secteur des services. Cet institut a attribué une note de 3,63 au Burundi en 2019. Une note de loin inférieure à la moyenne. Selon Martin BANYIYEZAKO, cela montre que le Burundi exerce encore trop de contrôle direct sur l’économie. Il dispose d’une plus grande propriété sur les actifs dans le secteur industriel, agricole et des services.

Le représentant du Directeur de l’API, Serge Nsabimana rappellera que le CDE et l’API ont en commun l’objectif d’améliorer du climat des affaires et de garantir la liberté économique. C’est sur cet objectif que se base le partenariat entre les deux organisations. Selon Serge Nsabimana, les propositions issues de quatre tables rondes précédentes ont été acceptées par le gouvernement.

Selon Arthur Laffard dans sa courbe « trop d’impôt tue l’impôt»,  Serge Nsabimana dira que les spécialistes s’accordent pour dire que les lois et les règlements jouent un rôle prépondérant dans la promotion du climat des affaires.  Pour étayer ses propos, il annoncera que les investisseurs ont tendance à investir là où il existe des facilités, loin des tracasseries ou harcèlement des agents chargés de percevoir les impôts. D’où la préparation de cette table ronde afin de proposer des pistes de solution qui aideront à mettre les impôts et les dépenses publiques au service des investissements. Ainsi, créer un climat favorable aux affaires.

Pour le Directeur Exécutif du CDE dans la région des Grands Lacs, la table ronde était extrêmement importante.  Elle permettra à l’Agence de Promotion des Investissements(API) de trouver des solutions locales  qui diminueront les contraintes à la liberté économique. Cela aidera à la création de l’emploi et des opportunités pour tout le monde.

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