Jeanne d’Arc Nduwayo :un nouveau-né dans le cercle des Ecrivains avec son roman « Les Paillettes »

Mme Jeanne d’Arc NDUWAYO, désormais auteure, vient de présenter officiellement au Zion Hôtel, ce jeudi 05 Novembre 2020, son premier roman intitulé « Les Paillettes ».

Jeanne D’Arc Nduwayo lors de la présentation de son roman

Au vernissage du roman « Les Paillettes », produit de 4 ans, de la salonnière Mme Jeanne D’Arc NDUWAYO, la salle est pleine à craquer. Faut dire que Paillettes est en tête des lecteurs depuis peu, lors de la remise des prix aux gagnants du championnat nationale de slam-Poésie 2020, lorsque la salonnière avait annoncé qu’elle nous concocte quelque chose. Ce quelque chose était « Les Paillettes ».

Les participants au vernissage

Ce jeudi après-midi, c’est banco pour les amateurs de la lecture pour ne pas dire les « lectophiles »  puisque le terme en soi n’existe pas. L’audience faite des pères désespérés, des mamans blasés et des jeunes survoltés se faufile entre les sièges attendant avec impatience le lancement officiel du roman. Ça rappelle que même si la lecture au sens du terme n’est pas l’apanage des burundais au vu des lecteurs qu’on rencontre aux bibliothèques, elle a ses fans.

De son personnage principal Martha, « Paillettes », roman lyrico-pathétique d’amour et de bravoure, comme l’indique Mme Jeanne d’Arc dépeint la société phallocratique où la tradition et la modernité s’affronte à travers la personne de la femme. Le roman fait le portrait d’une femme qui arrive à atteindre ses objectifs malgré que la société ne permette pas à la femme de s’épanouir. Pour la salonnière, le message principal de son roman est de sensibiliser la femme à l’estime de soi, à améliorer ses capacités pour atteindre ses objectif. Ça appelle les femmes de ne pas rester dans le coin plutôt de se manifester, de montrer ce dont elles sont capables pour atteindre leur épanouissement.

Etre écrivain(e) au Burundi, un parcours du combattant.

Le métier d’écriture n’est pas une sinécure, c’est un travail de longue haleine. Pour Mme Jeanne d’Arc, accoucher les idées sur papier lui semblait facile. Toutefois, trouver un lecteur de ses manuscrits est un parcours du combattant. Malgré tout, elle est parvenue à trouver des lecteurs. Une autre difficulté à laquelle elle a fait face, c’est qu’au Burundi, il n’y a pas assez de maison d’Edition, car il n’y en a qu’une.  Avoir une maison d’édition étrangère qui puisse accepter votre récit et répondre à ses attentes, précise bien Jeanne d’Arc, n’est pas chose aisée. Il faut du courage et de la patience. Une chose qu’elle recommande aux ambitieux.

Le récit est à la première personne. La narratrice est une vrai observatrice rapporteuse avant de prendre part elle aussi au récit, nous fait part Joseph Mukubano, lecteur chevronné et professeur à l’université du Burundi  dans le département de Langues et Littératures Françaises.  Toutefois, commente Mukubano, cet ouvrage n’est ni une autobiographie, ni une autofiction ni un roman autobiographique. C’est une fiction. Son style lui rappelle celui d’Ahmadou Kourouma, car il y a des expressions osées (passages kirundi). Mais, c’est vraiment un style convaincant.

Depuis l’indépendance, « Les Paillettes fait le 70ème roman, étonne Joseph BUTOYI, le président de l’Association des Ecrivains burundais, lui aussi écrivain. L’étonnant en ces derniers temps, c’est que ce sont surtout les femmes qui écrivent. On dirait que les hommes dorment. » Observe-t-il.  

Contrairement à ce qui est répandue, « Les Paillettes » vient de prouver encore une fois que la femme est capable « Abagore turashoboye » dixit Godefride HAKIZIMANA, secrétaire permanente au ministère de la jeunesse, sport, culture et de la communauté Est  Africaine. Elle appelle la salonnière à inscrire son œuvre à l’OBDA, les écrivains à écrire en langue nationale, le kirundi sans toutefois préciser que le gouvernement appuiera ceux qui écriront en kirundi, faute des lecteurs comme ça est arrivé à  N’gugi Wa thiongo.

La salonnière lance un appel vibrant à toutes les femmes de ne pas se laisser submerger par la misogynie de la société. Plutôt de sortir de leur culot, prendre la plume, exprimer leurs idées, critiquer et pourquoi pas  acclamer ce qui va bien et divertir. 

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