La foret de la Kibira, une véritable source de revenus pour les batwa

Une étude publiée en juin 2020 a montré que les batwa du secteur  de Rwegura en province de  Kayanza font beaucoup recours à la forêt de la Kibira. En comparant les autochtones aux peuples d’éleveurs et d’agriculteurs, les batwa accourent à la Kibira. Grâce à sa diversité de la flore et ses eaux thermales, la forêt de la Kibira fait vivre la totalité des ménages batwa qui côtoient ce parc national. Gaëlle Ndayizeye,  chercheure, jeune étudiante au niveau de Master 2 à l’Université du Burundi nous fait découvrir leur vie.

Paru dans la revue des sciences « The ecosystem services journal « , son étude dénommée Ecosystem services from mountain forests: Local communities’ views in Kibira National Park, Burundi, met en relief les rapports vitaux qui lient la Kibira et les populations voisines. Ce  qui retient l’attention de la chercheure sont ces  Batwa car ils sont ni cultivateurs ni éleveurs. La poterie ne parvenant plus à les faire vivre, la réserve naturelle répond bien à leurs stratégies de subsistance.

À l’unanimité (100%), tous les batwa qui ont répondu au questionnaire disent qu’ils vivent grâce aux services offerts par la forêt de la Kibira. « On peut citer: l’exploitation des bambous pour le commerce dans les marchés locaux et même à Kayanza, l’herbe fraîche qui est une nourriture pour vaches qu’ils vendent aux éleveurs, le ramassage des fruits à savoir amufe, le bois de chauffage aussi que ces batwa apportent aux agriculteurs contre l’argent » , indique Gaëlle Ndayizeye.

À côté de la poterie, une autre source de revenus.

Depuis longtemps connue comme essentielle activité des Batwa, la poterie ne fait plus vivre cette catégorie car elle offre des prix faibles. « Imaginez, un pot qui se vend à 500Fbu alors qu’on passe toute la journée pour le fabriquer « , déplore les batwa qui ont répondu au questionnaire. C’est pourquoi ils préfèrent la Kibira car ses produits apportent plus d’argent. Ils diront que les arbres de laforêt jouent la fonction médicale.  Les Batwa les cueillent puis les vendent aux autres citoyens sans oublier ceux de Bujumbura. Ils citeront Umugoti , umutwenzi pour le bois de chauffage, umushwati pour la médecine traditionnelle, umwungo et  umwufe pour les fruits délicieux etc..

Les eaux thermales, un lieu de détente

Outre le bien de certains végétaux pour la santé, les Batwa affirment que les eaux thermales de la Kibira sont d’une énorme importance sur la santé:

« Ces eaux ont la capacité d’éliminer les chiques pour une simple plongée, elles éliminent le stress. Elles sont aussi porteuses de chances », ont-ils témoigné. Et d’ajouter que rien ne peut les empêcher d’y aller quand bien même ils bénéficieraient de quelques sommes!

Le devoir de protéger la nature concerne tout le monde

Une chose intrigue la chercheure: « Avec la politique de « zéro pâturage » le bétail se nourrit à l’étable, l’agriculture dans la forêt est défendue. Tout cela pour la préservation de l’environnement. Curieusement il se trouve que les Batwa n’en sont pas conscients. Pour Gaëlle Ndayizeye, l’administration habilitée devrait tâcher à ce que ces Batwa soient impliqués dans la gestion des aires protégées pour le bien commun.

Signalons que le parc national de la Kibira couvre une superficie de 40.000 hectares et subdivisé en quatre secteurs dont Teza, Rwegura, Musigati et Mabayi.

(Visited 101 times, 1 visits today)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *