Les restrictions sanitaires dues au covid-19 mettent l’économie burundaise en état désastreux.

Dans le cadre de la campagne KANGUKA, le Centre pour le Développement des Entreprises dans la région des Grands Lacs en partenariat avec l’Agence de Promotion des Investissements analysait, dans un atelier de réflexion, ce vendredi 25 Septembre 2020 à l’hôtel le chandelier, l’impact de la COVID-19 sur le secteur privé. L’objectif de cet atelier de réflexion était non seulement de montrer les conséquences des restrictions règlementaires sur la libre entreprise burundaise et sur la politique publique de santé, mais aussi de proposer des pistes d’adoption de reformes innovantes par les décideurs burundais.

Il y a deux ans, le secteur  primaire burundais  représentait 34.8% de l’économie du pays, loin derrière le secteur tertiaire (45,1 %), mais devant bien sûr le secteur secondaire (20%) et le secteur quaternaire. Ont appris les participants à l’atelier par le consultant du Centre pour le Développement des Entreprises dans la Région des Grands, Pascal Butoyi.   

Plombés par les mesures prises par le gouvernement burundais en vue de limiter la pandémie dont la mise en quarantaine des voyageurs en provenance de l’étranger pendant 14 jours ; la fermeture provisoire de l’aéroport pour les vols commerciaux ; la fermeture des frontières terrestres pour les personnes et la multiplication des formalités pour les biens, le commerce extérieur, le transport international (agence de voyage), l’hôtellerie ainsi que le tourisme (secteur tertiaire)  se sont contractés, la production industrielle aussi bien que les équipements et les matières en provenance de l’étranger (secteur secondaire) ralentis et les devises raréfiés, ce quiahaussé l’inflation si on appelle un chat le chat, la déflation. Or, les réserves de change étaient évaluées à 0,7 par mois d’importations en octobre 2017.  

Le secteur informel est loin d’être épargné.

Les mesures restrictives, ayant été prises dans le cadre de la lutte contre cette pandémie ont également affecté le secteur informel. « Elles se traduisent par la baisse des revenus, de perte d’emploi, de la hausse du sous-emploi et de la fermeture ou la cessation de leurs activités. » commente le consultant. Pour sa part, NTIDENDEREZA de l’Agence de Promotion des Investisseurs estime que le Burundi aurait encaissé une perte de plus de 500 milliards de Fbu due au covid-19.

Après échanges en groupes avec moult détails, différentes pistes d’adoptions de réformes pleuvent. Les entrepreneurs, les autorités gouvernementales et les ONG, présents à l’atelier,  s’accordent pour dire qu’il serait plus que nécessaire de normaliser le petit commerce transfrontalier malgré lui que le restreindre afin d’être fonctionnel en temps des crises, mais aussi d’assoir la digitalisation des transactions commerciales.

 Outre ces propositions, il faudrait également mener une étude évaluant l’impact de la pandémie covid-19 sur l’économie du pays et mettre en place un fond d’appui aux entrepreneurs afin d’accompagner les entreprises pour qu’on puisse développer le pays davantage et maintenir le cap.

Pour Serges Nsabimana qui avait représenté l’API à cet atelier, ces propositions ont été notées. Elles seront suggérées au gouvernement. Il a profité de cette occasion pour appeler les entrepreneurs à respecter les consignes donnés par les spécialistes de la santé.  

(Visited 79 times, 1 visits today)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *