Obstacles à la certification, le BBN prêche de l’espoir.

En date du 24 décembre 2019, dans les enceintes de l’Institut Français du Burundi s’est tenu un atelier de réflexion  avec les agences de régulation comme le BBN et le CNTA sur les contraintes juridiques qui bloquent  la libre entreprise au Burundi. Organisé par le Centre for Développent and Enterprises Great Lakes dans le cadre de la campagne Birashoboka. Le représentant du BBN rassure le changement.

Pour Dr. Nukuri qui a animé l’atelier, l’objectif de cette étude était de contribuer à la libre entreprise, pour identifier les barrières qui bloquent la libre entreprise; identifier les problèmes et proposer des solutions pour la libre entreprise, pour une meilleur certification, pour une rapide certification, pour l’amélioration du climat des affaires, pour l’attraction des investissements et au finish pour contribuer au développement harmonieux de notre pays.

Dans son étude, il n’a pas oublié de passer en revue les problèmes qui hantent le Bureau Burundais de Normalisation (BBN) et le Centre National de Technologie Alimentaire(CNTA) qui sont les organes fondamentaux dans la certification des produits au Burundi. Il cite notamment les moyens financiers insuffisants, de manque du personnel de laboratoire qualifié, bien payé et stable la lenteur dans l’octroi des certificats par le BBN, le manque des équipements complets pour faire toutes les analyses etc.

Manirampaye Alain jupain, le PDG de l’entreprise Common Vision Company (CVC), une entreprise de 47 jeunes qui transforme le thé  à base  de feuilles d’avocatier  pointe du doigt le BBN comme un frein aux innovateurs. Depuis le 28 décembre 2017, son entreprise est agrée par l’Agence de Promotion des Investissements (API), jusqu’à maintenant, il n’a même pas l’espoir de recevoir le certificat de ses produits.  « Pour nous qui sommes les premiers  à introduire ce produit sur le sol burundais, nous rencontrons des barrières lies aux manque du livret de normes. Au BBN, on nous a demandé de  chercher les experts en la matière afin de créer une « Norme » propre à notre produit afin de le certifier. Ils nous ont aussi exigés d’acheter  une machine en chaine  ayant une équivalence de 120.000 dollars, ce qui est impossible pour nous », martèle Alain Jupain.

Pour Ephraim Ndayikeje ; représentant d’une entreprise de jeunes qui date d’Avril 2016 dénommée « Burundi bw’ejo Development Center (BDC), il ne mâche pas ses mots. « C’est au niveau du BBN que les nouveaux entrepreneurs sont bloqués. Depuis 2017, nous avons finalisés toutes  les démarches requises pour avoir  ce certificat et nous avons même  payé tous les frais y relatifs. En plus des visites ont été menées dans notre entreprise mais jusqu’à cette heure, nous n’avons pas encore eu le certificat. Nous voudrions savoir où réside le problème car nous  ». BDC fabrique différents produits  à base  de la « coriandre » comme Coriandre Gingembre, Coriandre Naturelle, Bouillie de coriandre, Farine coriandre, Tangawizi et coriandre savon.

Selon Déo Sinzobakira qui avait représenté le CNTA, il n’a pas nié  que son centre connaisse de problèmes comme l’avait  soulevé l’expert dans son exposé. Il reconnait que le centre souffre d’un manque de personnel qualifié et plaide pour la maintenance des équipements.  Selon lui, le gouvernement devrait réglementer ces institutions, les doter des bonnes lois et motiver le personnel afin de satisfaire les demandes.

Pour Eric RURASHINGA qui a représenté le BBN, les problèmes ne résident pas au BBN seul, même les entrepreneurs sont impliqués. « Certains  entrepreneurs sautent des étapes  et se dirigent directement au BBN sans même passer au ministre du commerce pou demander l’autorisation d’ouverture et d’implantation« . Même au BBN, il précise   qu’il y a quatre étapes  qu’on doit franchir avant de demander un certificat. En ce qui est de la lenteur, de la part de BBN, RURASHINGA indique  qu’il y a des produits que leur laboratoire n’est pas en mesure d’analyser. Dans ce cas, le BBN est obligé de les faire analyser ailleurs ou à l’étranger.

Pourtant, les entrepreneurs pourraient espérer  que les choses vont changer.   « En ce qui est du laboratoire, le BBN  vient de recevoir de nouveaux équipements.   On espère que ca va aider  même dans l’informatisation de nos services et nous ne cesseront de demander  de nouveaux équipements ainsi que du personnel qualifié », dit RURASHINGA

Pour  ce représentant du BBN,  le gouvernement pourrait voir comment simplifier  certains documents afin de gagner le temps comme le suggère Doing business afin de mettre fin à tous ces barrières .

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