Quand le bégaiement devient un obstacle à l’épanouissement.

Le bégaiement est l’un des troubles du langage qui s’observe au Burundi. Compte tenu des efforts fournis par un bègue lors de la communication, ce handicap semble gênant. Notre contributeur Gilbert Nkurunziza nous  dévoile le comportement selon lequel la victime et son entourage, pourraient adopter pour  faire face  à ce problème.

Le bégaiement est défini comme un trouble de la communication affectant la parole à tel point qu’un bègue répète certaines syllabes ou a du mal à les prononcer tout en manifestant des prolongations de sons, des blocages et des arrêts qui donnent l’impression d’un effort.

1 % de la population mondiale fait face à des soucis liés au bégaiement. Mais les hommes bégaient plus que les femmes, car 80 % des bègues sont des hommes contre 20 % des femmes. Par rapport aux adultes, les enfants sont beaucoup plus affectés, pourtant, au fil du temps, un bon nombre d’entre eux peuvent s’en débarrasser. On estime 4 à 5 % les enfants qui sont touchés par ce trouble de la communication  contre 1 % des adultes. Dans 80 % des cas, ce trouble du langage se présente entre l’âge de 2 et 5 ans.

L’épanouissement d’un bègue enchevêtré

Même si il n’y a pas de chiffres précis  au niveau national, le bégaiement est une réalité au Burundi. Pourtant, une personne bègue est confrontée à des multiples contraintes.  Quand il prend la parole devant le public, des fois, il est obligé de raccourcir ses propos, même lorsqu’il a beaucoup à dire, pour éviter de bégayer encore plus.

Parmi les facteurs qui accélèrent le bégaiement d’un individu, ce sont des attitudes négatives de son entourage entre autres la stigmatisation, les moqueries ou simplement l’incompréhension. Tout cela favorise chez un bègue, la timidité ou la peur de s’exprimer devant un groupe.

« J’ai commencé à bégayer dès mon très jeune âge. Quand je parle seul, ça va très bien, les blocages m’arrivent lorsque je m’adresse aux autres. Le pire, c’est parler devant un public, donc c’est un défi auquel je fais souvent face », confie Fiacre (pseudo), un homme marié. « Quand j’étais jeune, j’avais la crainte de draguer les filles par peur des moqueries de leur part, ajoute-t-il. Pourtant, ma femme comprend très bien mon problème, elle me laisse parler et ne me coupe pas la parole, même si ça prend un certain temps, elle attend que je finisse mon propos ».

Le bégaiement peut être un obstacle à l’épanouissement de celui qui en souffre. Des fois, l’entourage ou simplement des personnes mal intentionnées se moquent de la victime. « À l’école, je levais rarement la main en classe pour répondre aux questions de l’enseignant, même quand je connaissais clairement la réponse. Le calvaire apparaissait lors des exposés », poursuit Fiacre.

Avis du psychologue

« Les causes du bégaiement ne sont pas clairement établies, toutefois les spécialistes de ce handicap essaient de montrer ses probables raisons entre autres les dimensions génétiques ou environnementales. Lorsqu’un enfant n’est pas bien encouragé à apprendre à parler, dans ce cas, il peut se retrouver dans une situation d’angoisse ou d’anxiété, ce qui fait que, par peur de parler, le bégaiement peut se développer », précise Docteur Jean-Marie Ningenza, chef du département de psychologie à l’Université du Burundi.

Pour combattre cette inhibition, cet universitaire ajoute qu’au départ, il faut qu’un bègue vainque la peur ou l’anxiété qui hantent son expression. Les exercices de parole ou de parler devant le public sont également recommandés. Pourtant, si le public et son environnement sont encourageants, ça fait du bien.

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