Une association, mieux que l’individualisme?

Le chômage est l’un des grands défis auxquels font face les jeunes burundais. Pour y remédier, certains ont compris que se mettre ensemble au sein des associations est l’une des meilleures solutions. Notre contributeur Gilbert Nkurunziza a rencontré les responsables d’une association des jeunes.

L’association « Flambeau de la vie »  regroupe une centaine de jeunes volontaires diplômés ou chômeurs et les étudiants qui se sont mis ensemble dans le but de conjuguer les efforts afin qu’ils se développent à partir de leurs propres moyens. Elle est basée en Mairie de Bujumbura, précisément à Kigobe, aux environs de l’ Ecole Normale Supérieure (ENS).

En 2016, les activités de l’association commencent, mais c’est en 2017 qu’elle sera agréée par le ministère de l’Intérieur, de la formation patriotique et du développement local. Ses activités ciblent plusieurs domaines. « Dans le secteur environnemental, nous  nous sommes lancés  dans la production du charbon écologique à base des déchets ménagers biodégradables. A côté de cela, nous sommes en mesure de fabriquer des pavés à partir des ordures plastiques recyclées », précise Nsabimana Oscar, président et représentant légal de l’association Flambeau de la vie.

Ce n’est pas fini…

Même l’agriculture intéresse cette association. « Nos membres sont issus de plusieurs provinces du Burundi, raison pour laquelle il nous est facile de pratiquer l’agriculture, ajoute-t-il. Actuellement, nous sommes en train d’exécuter un projet de la culture du manioc, sans oublier que nous entretenons des pépinières des arbres fruitiers ».

Le champ de travail n’est pas si large. Du coup, Flambeau de la vie ne manque point la plus-value. « A part les réalisations faites dans les secteurs environnemental et agricole, notre association dispose d’un fonds en faveur des membres souhaitant des crédits pour démarrer des projets entrepreneuriaux. En plus de cela, nous avons mis en place un secrétariat public dans lequel quelques jeunes chômeurs ont été employés, et les membres qui souhaitent une formation en informatique en bénéficient facilement », précise Nijimbere Fiacre, le chargé des relations extérieures et de la communication au sein de l’association Flambeau de la vie.

Les défis à relever

Selon Oscar, le chômage qui hante la jeunesse burundaise n’est  qu’une certitude. Par contre, il n’est pas rationnel de baisser les bras. Pour y remédier, il trouve que  s’associer avec les autres est mieux que l’individualisme. A titre d’illustration, poursuit-il, ce n’est pas très compliqué d’avoir en poche 20000 Fbu. Mais c’est quasiment difficile de se lancer dans l’entrepreneuriat moyennant la même somme. En effet, un groupe de 10 personnes déterminées, avec une somme de 200.000 Fbu (20mille chacun), si elles élaborent un bon projet, elles pourront démarrer les coulisses entrepreneuriales, et donner même le travail aux autres chômeurs, car on commence petit pour devenir grand.

Nadine Nshimirimana, lauréate à l’Université du Lac Tanganyika témoigne: « Après ma formation universitaire, j’ai été embauchée dans le secrétariat public de l’association “Flambeau de la vie”, et mensuellement, je touche un salaire tout comme un travailleur ordinaire. ».

Enfin, Fiacre souligne que chaque année, des milliers d’étudiants et élèves décrochent des diplômes et se retrouvent dans le chômage du fait  que la fonction publique n’est plus en mesure de saturer la demande. Pour  tenter de s’en sortir, ils n’ont plus d’autre choix que se lancer dans l’entrepreneuriat malgré les difficultés éventuelles. Néanmoins, cela ne signifie pas que ça doit marcher à tout prix.

Par ailleurs, la jeunesse doit quand même tenter, persévérer et surtout copier de bons exemples. Par rapport à l’individualisme, l’esprit d’équipe est recommandé avec des objectifs clairs et réalisables. L’Etat doit jouer un rôle crucial en appuyant surtout les jeunes ambitieux qui se sont mis ensemble pour dire non à la pauvreté.

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